Madame Maurice Genevoix dont nous avions sollicité
l’agrément nous répondit en ces termes :
"Nous sommes profondément touchés de votre désir de donner le nom
de Maurice Genevoix à un groupe scolaire de votre commune et nous
vous donnons de grand coeur notre accord. Voulez-vous accepter pour
vous-même; le Conseil Municipal; les enseignants, les élèves et
tous les amis de mon mari, l’expression de notre gratitude
très émue."
Né en 1890, Maurice Genevoix était élève de l’Ecole Normale
Supérieure de la rue d’Ulm quand éclata la Grande Guerre de
1914-1918. A Verdun et aux Eparges il fut grièvement blessé. Après
ces années cruelles, il se consacra à la littérature. Il en raconta
quatre volumes- groupés en 1950 sous le titre de Ceux de 14,
la vie et la mort de ses camarades de combat. Mais ce fut la région
du Val de Loire, et tout particulièrement la Sologne où il avait sa
propriété de campagne, qui inspira par la suite la plus grande
partie de son oeuvre. Ecologiste avant la lettre et sans outrance,
il aimait avec passion la vie de la nature, celle des gens de son
terroir, celle des animaux de la plaine, des bois et des étangs, du
fleuve et du ciel.
Son fameux Raboliot lui valut le prix Goncourt 1925. Plus tard,
trois de ses livres parurent en 1972 sous le titre Les
Bestiaires, illustrés par l’auteur lui-même. Plus d’une
soixantaine d’ouvrages sont dus à Maurice Genevoix dont
l’écriture si personnelle est proche par la précision du
trait et la coloration des mots de l’art du peintre.
L’auteur dans son abondante création n’a jamais négligé
l’art de bien écrire, il a usé du mot juste souvent puisé
dans la vocabulaire local, dans celui des métiers, celui du monde
de l’animal, de la chasse et de la pêche ( La boîte à pêche
en 1926, La dernière harde en 1938 ).
Président de l’association pour la défense de la langue
française, il milita pour elle en participant à "Parlez mieux,
écrivez mieux", ouvrage qui eût un très grand succès dans les pays
francophones. Citons à ce sujet le témoignage de Jean Guitton :
"Car il était amoureux de la langue française, de ses finesses et
nuances, de sa correction. En même temps, il était imbattable pour
les langues spéciales comme celle de la chasse à courre. Il
caressait, il savourait les mots comme des champignons cueillis le
matin dans la forêt."
En 1946, sa carrière littéraire fut couronnée par l’élection
à l’Académie Française, dont il devient le secrétaire
perpétuel jusqu’à son décès, survenu en 1980.
Ses récits et ses romans s’adressent à tous les âges. Pour
les plus jeunes, signalons Les compagnons de l’aubépine
paru en 1938 et, quelques années plus tard L’hirondelle qui
fit le printemps contes pour les enfants.
Recommandons aux aînés, entre beaucoup d’autres romans qui se
passent chez nous, et quelques uns à l’étranger, ceux de La
framboise et Bellehumeur retraçant les aventures canadiennes, ou
Eva Charlebois dont les vicissitudes se déroulent dans les
solitudes des Montagnes Rocheuses. Ces deux récits
émaillés d’expressions locales de canadiens d’origine
française, nous touchent par leurs caractères si typés de leurs
personnages et les paysages dans lesquels ils évoluent, faits de
lacs, de montagnes et de neige.
Parmain s’honore maintenant du nom de Maurice Genevoix
sur la façade du plus récent de ses groupes scolaires. Souhaitons
que les élèves de ses écoles apprennent à mieux connaître son
oeuvre dont les sujets se déroulent bien souvent dans un
environnement comparable au nôtre, entre rivière et forêt.
Qu’ils apprécient la richesse de son vocabulaire, allié à la
rigueur de la syntaxe, mais qu’ils en fassent avant tout la
lecture pour le plaisir.
Retrouvez ce contenu en ligne à l'adresse suivante :
http://www.ville-parmain.fr/content/content2360.html