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Parmain et ses peintres

Sans oser prétendre apporter de notables contributions à l’histoire de la peinture de paysage du XIXème siècle, qu’il soit cependant permis d’affirmer que la vallée de l’Oise, par la variété de ses horizons, la finesse de son atmosphère, a su attirer et inspirer un grand nombre d’artistes.

De Beaumont à Conflans, l’Oise étend ses rives au long desquelles s’échelonnent de jolis villages dont les noms sont souvent bien connus au-delà même de nos frontières : Champagne, Parmain, l’Isle-Adam, Valmondois, Auvers, Pontoise.

En vérité, les moindres lieux devraient être cités pour n’oublier aucun de ceux qui furent témoins de passages ou de séjours de tant de peintres dont certains sont devenus célèbres.

Il peut ainsi nous arriver, au cours de nos promenades, d’imaginer Dupré peignant au milieu des arbres de la forêt, Daubigny glissant dans son "Botin" au fil de la rivière et de rencontrer Pissaro et Vignon parcourant les rues de nos villages à la recherche du motif.

Certes en qui les concerne, historiens et biographes ont bien travaillé. Les quelques jours passés par Delacroix à Frépillon n’ont évidemment pas échappé à leur curiosité. L’existence menée par Dupré à L’Isle-Adam, par Daubigny à Auvers est rapportée dans ses moindres détails en des livres très documentés. La vie de Pissarro tient une place importante dans les archives de l’Impressionnisme. Le monde entier sait comment Corot a donné à Daumier sa maison, et comment Van Gogh s’est infligé le martyr dans les beaux blés d’Auvers.

Mais ce que l’on connaît moins bien, c’est où et comment vécurent d’autres artistes - sans doute trop paisibles et discrets - auxquels l’Histoire n’a pas daigné s’attacher.

Devant leurs oeuvres souvent empreintes de sentiments délicats et fervents, d’une exécution généralement attentive et raffinée, on est étonné de savoir si peu de choses de ceux qui les ont conçues.

N’est-ce pas une raison suffisante pour aller à leur recherche dans l’ombre et l’oubli où ils sont injustement tombés.
Dès 1840, le chemin de fer, facilitant les voyages, permet aux peintres, souvent jusqu’alors attachés à l’atelier tout autant par principe que par la force des choses, de s’évader hors de la ville et d’aller planter leur chevalet aux champs.

Parmain et sa petite gare (inaugurée en 1846) peuvent s’enorgueillir d’avoir vu descendre du train les grandes figures de l’Art du XIXème - Raffet, Courbet, Daumier, Daubigny ou Dupré entre autres - sans que pour autant le chef de gare ou les voyageurs s’émeuvent.
Ce n’est cependant pas eux que nous venons accueillir, mais plutôt ceux qui, par goût de son terroir, avaient choisi de descendre à Parmain en apportant leurs toiles et leur boîte à couleurs dans leurs bagages.

Suivant l’exemple des récents ouvrages de Gérald Schurr (qui passa son enfance non loin de Parmain), sur les petits maîtres du XIXè siècle, stimulé par les recherches constamment menées par les éminents conservateurs du musée de Pontoise, nous nous proposons de poursuivre cette quête des souvenirs.
En ce temps où il arrive que l’on ait la surprise de trouver dans un musée étranger ou chez un marchand de Londres ou de Stockholm "une vue de la vallée de l’Oise", il serait souhaitable que les habitants de notre région connaissent leurs peintres et en soient fiers.

C’est pourquoi nous n’hésitons pas à demander à toute personne susceptible de nous donner des renseignements ou de nous montrer des documents, de consentir à se manifester, nous aidant ainsi à rendre justice à des hommes qui par leur dévouement à l’Art et l’admiration qu’ils portaient à la Nature, ont rendu notre pays plus attachant encore.

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